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Les plantes médicinales, faut-il y croire?

J’entends régulièrement la phrase : « Je crois aux plantes médicinales » ou cela peut être le contraire. Je comprends que l’on puisse dire cela, mais à force de l’entendre, cela m’a amené une réflexion que je vous partage ici.

Pour moi, l’effet des plantes médicinales est plus qu’une croyance, car elles ont fait leurs preuves depuis plusieurs millénaires. Aujourd’hui, ce sont les études scientifiques dans les laboratoires, les centre de recherches ou les hôpitaux qui sont la norme et qui établissent la preuve de l’efficacité d’un traitement donné. Toutefois, ce n’est pas seulement là que l’on peut constater l’amélioration de la santé de quelqu’un. Le savoir sur les plantes curatives accumulé par un nombre incalculable de personnes au fil de l’histoire est un poids considérable à mon avis.

Médecine traditionnelle

Par exemple, si une plante médicinale était inefficace, cela ne ferait pas des millénaires que l’on vante ses vertus. L’usage répété et confirmé et reconfirmé ne laisse pas de doute sur les bienfaits de la plante. Si des chercheurs se penchent sur cette même plante et trouvent les substances responsables de l’effet et confirment son action, tant mieux, mais la plante avait déjà fait ses preuves et cela est ensuite appuyée par la science.

Les plantes médicinales font partie du patrimoine mondial, du patrimoine vivant. Je ne peux douter de leurs vertus, car je le constate quotidiennement. D’ailleurs, l’Organisation mondiale de la santé recommande aux pays membres d’intégrer les médecines traditionnelles dans la médecine conventionnelle. Madagascar l’a fait et cela est déjà ainsi dans d’autres pays, comme la Chine et l’Inde, par exemple.

J’en profite pour préciser que la médecine traditionnelle, ce n’est pas la médecine allopathique, mais bien l’herboristerie, la médecine chinoise ou ayurvédique notamment. La médecine allopathique pourrait être appelé médecine conventionnelle ou médecine moderne, mais pas traditionnelle. Elle est assez récente dans l’histoire.

Cela étant dit, je ne dénigre pas la médecine conventionnelle, car elle est très importante et fait des miracles dans plusieurs cas. J’y ai eu recours et je ne serais pas là aujourd’hui pour en parler si le personnel médical n’avait pas été là lors d’une hémorragie que j’ai eue. Je l’ai aussi vu pour des proches et j’ai beaucoup de gratitude pour les médecins et infirmières et infirmiers qui travaillent avec dévouement pour soigner et réconforter. J’en ai été témoin plus d’une fois.

Pour moi les différentes approches ont toutes leurs forces et leurs limites et la complémentarité peut s’avérer gagnante pour tous.

Retour aux sources

Cela me réjouit de voir de plus en plus de gens qui font un retour aux sources et veulent apprendre à prendre soin d’eux. Les plantes médicinales peuvent faire partie d’une telle démarche et accompagner pour prévenir, nourrir et soulager.

Les plantes sont la base de plusieurs médicaments. On isole une molécule et on en fait une substance très puissante qui a une action pointue. D’ailleurs la chimie des plantes a encore plein de choses à nous révéler, car sa complexité n’est pas si facile à démêler. Il arrive que l’on attribue les vertus d’une plante à une molécule précise pour s’apercevoir plus tard que sans cette molécule, la plante a quand même ses effets. Il y a une synergie et un équilibre qui se sont créés chez la plante au fil des siècles que nous n’arrivons pas encore à démystifier. Et si cette sagesse de la nature nous dépassait?

Pour ma part, je m’incline devant cet assemblage de substances qui donne des plantes qui savent survivent dans différentes conditions climatiques selon le continent où elles vivent. Elles savent non seulement survivre, mais nous aident à survivre. Ne trouve-t-on pas des plantes qui soignent les coups de soleil et soulagent la soif dans le désert d’Arizona? Et des plantes contre la fièvre et l’arthrite dans les milieux humides qui sont propices à ces malaises?

Gratitude

Mon cœur d’herboriste est dans la gratitude face à la générosité de la nature. Je m’incline devant la grandeur et la complexité du monde végétal! C’est l’été, profitons des prochains mois pour aller dehors dans les forêts, les jardins, les champs pour se remplir de nature et de verdure. C’est un baume pour l’âme et cela sans avoir à les prendre en interne. C’est aussi cela le pouvoir des plantes!

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Gagnant-gagnant au travail

Depuis quelques mois, je réfléchis à un aspect du travail, car je vois plusieurs personnes dans mon entourage et ma clientèle qui ne sont pas heureux dans leur travail. D’accompagner certains clients dans leur démarche m’a permis de constater toute la pression que plusieurs d’entre nous s’infligent pour donner un rendement au travail qui dépasse leurs capacités et leurs limites.

Il existe une certaine vision qui implique que l’on doive donner et répondre aux besoins de l’entreprise ou de l’employeur sans tenir compte de ses propres besoins. Est-ce équilibré? Est-ce sensé? Est-ce viable à long terme?

J’ai rencontré récemment un conseiller en entreprise qui disait qu’un employé doit être heureux au travail. C’est un fait connu qu’un employé heureux est plus productif, créatif, qu’il y a moins d’absentéisme de démotivation et de frustration. L’entrepreneur ou le dirigeant d’entreprise n’a pas forcément un département des ressources humaines ou les capacités pour bien prendre soin de cet aspect de l’entreprise. C’est pourtant d’une importance vitale pour le bon roulement de l’entreprise, en fait, la santé des employés, des dirigeants et de l’entreprise y gagne. Tout le monde y gagne!

Il y a quelques décennies, j’ai fait un cours de communication à l’Université où j’ai appris l’approche gagnant-gagnant. Cette approche m’a beaucoup inspirée et a teinté ma façon de voir les choses. C’est un point de référence lorsque j’ai des engagements à prendre. C’est aussi la manière d’aborder un nouvel emploi. Est-ce que l’individu gagne quelque chose à joindre l’entreprise et est-ce que cette dernière y gagne à intégrer cette personne à l’équipe. L’employé y gagnera un salaire, bien sûr, mais est-ce qu’il aura aussi la satisfaction du travail bien fait, la valorisation, un environnement pour s’épanouir, etc.? Est-ce que l’entreprise gagnera de nouvelles idées, un travail bien accompli, etc.? Ce peut être certaines de ses réponses ou d’autres selon chaque situation. La question à se poser est qu’est-ce que je gagne dans cette collaboration?

En discutant avec plusieurs personnes de ma réflexion en lien avec le travail et le respect des besoins de l’entreprise et des individus qui la composent, quelques personnes m’ont mentionné que la jeune génération abordait le travail avec une vision différente. D’ailleurs dans un article paru sur le site du journal Le Droit, on mentionne que les millénaux (nés entre 1982 et 2004) cherchent une entreprise qui correspond à leurs valeurs et qui leur laisse une certaine liberté. Ce n’est pas le travail à tout prix et le même emploi pour la vie comme cela est très courant dans les générations précédentes.

Toutefois, après vérifications auprès de quelques milléniaux, ce n’est pas aussi tranché. La culture de l’entreprise semble être un point important. L’un d’eux me parlait de rencontres hebdomadaires avec son équipe pour s’assurer que tout allait bien et prévenir ou régler les problèmes au fur et à mesure qu’ils se présentent. La compagnie pour laquelle il travaille a investi dans la formation des cadres qui ont été coachés pour entretenir un bon climat de travail. Les cadres, quant à eux, ne comptent pas leurs heures et il y a comme une loi non écrite que l’on travaille plus d’heures si le besoin est là. C’est souvent pour une ou quelques périodes données dans l’année. Il faut livrer la marchandise, mais cela permet, dans bien des cas, d’avoir de la latitude pour faire moins d’heures à d’autres moments.

D’ailleurs, il faut se demander quelles sont les motivations d’un employé qui fait du temps supplémentaire à s’épuiser, qui se sent débordé, stressé pour différentes raisons, mais qui continue à ce rythme et parfois jusqu’à l’épuisement qui nécessite un arrêt de travail. Personne n’y gagne.

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Voici quelques raisons bien souvent inconscientes d’aller au-delà de ses limites dans la pratique de son travail :

  • Un besoin d’être reconnu
  • De la dévalorisation
  • De l’insécurité
  • Un besoin d’appartenance

Il y a une réflexion à faire et pas besoin de se retrouver en arrêt de travail pour burn out pour évaluer la situation. Il est bon de se poser les bonnes questions avant d’en arriver là. En coaching, par le questionnement justement, on met en lumière les croyances ou saboteurs qui nous poussent à agir de la sorte au détriment de sa santé. Cela permet d’installer une nouvelle façon de voir les choses et d’aborder le travail d’une manière plus saine.

Références: https://www.ledroit.com/affaires/qui-sont-les-milleniaux-35325c3c3648cedeee18eacd85aff40c

Réflexion sur l’évolution des soins avec les plantes

On m’a souvent demandé : « Comment ont fait les premiers humains pour découvrir les propriétés des plantes ? » Je me suis également posé la question pendant longtemps. En observant les animaux et en entendant diverses histoires à leur sujet, je me suis dit que les premiers humains devaient être plus proches de leur instinct et moins dans leur intellect, tout comme le sont les animaux qui savent intuitivement vers quelle plante se tourner quand ils ont un malaise. C’est probablement leur intuition qui a guidé nos ancêtres vers les aliments et les remèdes que leur offrait la nature.

Au début des années 1990, un passage lu dans le livre L’intelligence des plantes de Robert Frédérick m’a mise sur cette piste. En effet, l’auteur racontait une histoire vécue par quelques pilotes d’avions militaires dont l’appareil avait été touché en sol ennemi. Le pilote survivait à l’écrasement de son avion et se retrouvait seul dans une forêt dont la flore lui était totalement inconnue. Il devait survivre dans un environnement étranger, à court de vivres et d’eau. Certains de ces pilotes ont été retrouvés vivants, des mois après leur accident. Ils racontaient qu’à un certain moment, affamés et n’ayant qu’eux-mêmes sur qui compter, ils développaient un sixième sens, une faculté de communiquer avec les plantes. Certaines les invitaient à se nourrir de leur feuillage, leur fruit ou autre. Alors que d’autres leur donnaient un signal de danger. En écoutant ses messages, ces pilotes ont réussi à survivre pendant des mois. La nécessité, la survie et un contact étroit avec la nature leur ont permis de développer des facultés de communication avec le règne des plantes.

Le goût peut aussi être un indice de la toxicité d’une plante. Il n’est pas infaillible, mais il peut renseigner sur les dangers de consommer une plante donnée. Un goût âcre n’invite pas à faire bombance et c’est un avertissement qu’on a peut-être affaire à une plante toxique.

Il est probable que les essais, les erreurs, les expériences ont permis de raffiner le savoir sur l’effet des plantes. Parfois, on prend une plante pour un symptôme ou un malaise précis et on se rend compte que cela règle un autre problème qui était présent. C’est ce savoir enrichi au fil des siècles qui est parvenu jusqu’à nous. Certains usages sont tombés en désuétude et d’autres se sont ajoutés. L’humain et les plantes évoluent et s’adaptent à leur environnement, c’est du vivant qui interagit avec du vivant en constante évolution.

Le plus vieil écrit sur la médecine et l’usage des plantes médicinales est le papyrus Ebers, qui aurait été rédigé au 16e siècle avant notre ère. Depuis, plusieurs personnages de l’histoire ont partagé leur savoir sur les herbes qui soignent. Mais l’idée ici n’est pas de faire l’historique de l’herboristerie, qui est un sujet en soi.

L’herboristerie est un art qui s’est transmis très souvent dans la discrétion. Il faut dire que les porteurs et porteuses du savoir sur les médicinales ont été pourchassés pendant l’inquisition où des millions et des millions de personnes ont péri sur le bûcher ou par la torture. Pour quelles raisons ? Est-ce que ces hommes et ces femmes (car c’était surtout des femmes) avaient une forme d’autonomie et de pouvoir qui ne plaisaient pas à la classe dirigeante ? Est-ce cette chasse aux sorcières qui a rendu les herboristes discrets ?

Malgré tout, les herboristes ont continué de dispenser des soins, car le désir d’aider et soulager la souffrance demeurait. Les connaissances étaient transmises de génération en génération. Toutefois, au milieu du 20e siècle, l’avènement des médicaments de synthèse a pratiquement relégué aux oubliettes les plantes et leurs vertus médicinales. La transmission s’est effritée dans le monde moderne et plusieurs personnes se souviennent avoir vu leur grand-mère soigner avec certaines plantes, mais le savoir n’a pas été transmis.

Il y a environ vingt-cinq ans, ces connaissances ont à nouveau été transmises au Québec par Marie Provost et Danièle Laberge et cela a été le début des écoles d’herboristerie dans notre province.

Aujourd’hui, le nombre de personnes se tournant vers les plantes pour se soigner va grandissant. L’augmentation sans cesse croissante des ventes de produits naturels, l’intérêt marqué pour les cours sur les plantes qui soignent sont là pour le prouver.

Il se trouve des détracteurs pour dire que les propriétés des plantes ne sont pas prouvées scientifiquement et qu’elles n’ont pas d’effet. Toutefois, des milliers d’années d’utilisation et d’expertise transmises et bonifiées sont une accumulation de preuves qui ne peuvent être niées.

Passiflore

Je constate quotidiennement les bienfaits des plantes et à quel point cela atténue des problèmes de santé ou les fait disparaître carrément. Je ne peux douter de leurs effets. Pas besoin d’un scientifique pour me dire que cela fonctionne. Je le constate et tant mieux si un scientifique par son analyse vient confirmer ce que le savoir empirique transmet depuis des centaines, voire des milliers d’années. Et je ne suis pas la seule à constater l’effet bénéfique des plantes, nous sommes un nombre incalculable sur la planète à se soigner avec les végétaux. D’ailleurs, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande aux pays de faire appel davantage aux médecines traditionnelles (MT) ou médecines complémentaires (MC), dont font partie les plantes médicinales, pour améliorer la santé de la population. Le rapport complet de la Stratégie de l’OMS pour la médecine traditionnelle est disponible en ligne à l’adresse suivante :

http://apps.who.int/iris/bitstream/10665/95009/1/9789242506099_fre.pdf

La Stratégie de l’OMS pour la médecine traditionnelle pour 2013-2024 se donne comme objectifs d’aider les états membres à :

  1. Mettre à profit la contribution potentielle de la MT/MC à la santé, au bien-être et aux soins de santé axés sur la personne ;
  2. Favoriser un recours sûr et efficace aux produits, pratiques et praticiens de MT/MC grâce à leur réglementation, leur évaluation et leur intégration dans les systèmes de santé, s’il y a lieu.

Alors, même s’il y a eu, en Occident, une période où les plantes médicinales ont été moins présentes dans les soins, elles sont demeurées pour une grande partie de la population mondiale, la seule médecine accessible. En Occident, on les redécouvre et elles peuvent compléter de manière très efficace les traitements médicaux conventionnels. Il y a un véritable mouvement dans ce sens et l’Organisation mondiale de la santé encourage les pays membres à développer des collaborations entre les différentes médecines pour le bien de l’être humain. Cette utopie n’est peut-être pas si loin. D’ailleurs, l’Université de Montréal organise en mai 2017 une journée sur la santé intégrative et des cours sur les approches complémentaires sont offerts maintenant à l’éducation permanente de cette université. À suivre…